Vous êtes ici: Skip Navigation LinksAccueil > A propos du Vietnam

Le Vietnam

 

                   Vietnam-Le pays du Dragon.

Pays des monts et des eaux, le Vietnam est la patrie des rizières brumeuses et des plages de rêve, des forets tropicales et des villes animées où flottent encore des souvenirs de la “ belle colonie “ .

Avec une superficie totale de 333.000 km2,le Vietnam forme un immense S qui s'étend sur toute la longueur de la péninsule indochinoise .

Le territoire vietnamien s'étend sur 1.670 km dsu Nord au Sud et ne dépasse pas 600 km en son point le plus large(entre MongCai et DienBienPhu) . La partie la plus étroite,vers le 17è parallele,mesure seulement 49 km.

Le Vietnam partage 1.150 km de frontière avec la Chine au Nord, 750 km avec le Laos et 930 avec le Cambodge à l'Ouest.Il possède en outre une large façade maritime ( plus de 2.500 km ) comprenant des milliers d'archipels qui s'étendent du golfe du Tonkin au golfe de Thailande. Ces iles incluent les archipels de Spratley( Truong Sa ) et de Paracels ( Hoang Sa ).

Pour ceux qui ont beaucoup d'imaginations,ils ont comparé les 3 grandes régions du Vietnam : le Nord(Tonkin) ou Bac Bo, le Centre (Annam) ou Trung Bo , et le Sud ( Cochinchine ) ou Nam Bo à un Dragon ou plus imagé encore à une palanche que porte la Femme vietnamienne sur son épaule : les 2 paniers - les 2 riches deltas du fleuve Rouge au Nord et du Mekong au Sud et la perche de bambou-le centre du pays avec la cordillère annamitique ( Truong Son ).

Le Nord du pays est caractérisé par des chaines de montagnes entaillées de profondes vallées,dont la principale est celle du fleuve Rouge ( Song Hong).C’est près de la frontière avec la Chine que l’on trouve le plus haut sommet du Vietnam : le Phan Si Pan ( 3.160 m) . Le fleuve rouge ( long de 1.150 km) prend sa source dans la province chinoise de Yunnan traverse le Nord du Vietnam avant de se jetter dans le golfe du Tonkin. En période de crue,son débit peut atteindre 30.000m3/seconde et sa charge alluvionnaire 3kg/m3 . Pour se protéger de ces crues,les vietnamiens ont construit dès le 12è siècle,un système de digues(3.000km) toujours en vigueur. Ses alluvions rouges briques font progresser le delta d’une centaine de mètres par an. Ses 2 principaux affluents sont le Song Lo ( rivière claire ) et le Song Da ( rivière noire ).

Le Centre du Vietnam ( Annam ) forme une longue bande convexe ponctuée de petites plaines coincées entre la Mer orientale ( Mer de Chine ) et les plateaux du Truong Son ( cordillère annamitique ). Cette cordillère qui culmine à 2.600 m au Ngoc Linh constitue l’une des plus riches régions forestières du Vietnam. On y pratique la culture du thé et du café. 

Au Sud du Vietnam,le delta du Mékong occupe la majeure partie du Nam Bo. Ce fleuve baptisé Cuu Long ( Neuf Dragons) est le 2è plus long cours d’eau en Asie (4.250 km ) . Il prend sa source au Tibet,traverse la Chine ,la Birmanie,le Laos,la Thailande,le Cambodge avant de pénétrer au Sud du Vietnam et de se jetter dans la mer de Chine méridionale. Ses alluvions s’accumulent vers la péninsule de Ca Mau qui gagne annuellement 70m dans la mer.

Le climat:

Le Vietnam est situé dans la zone de mousson d’Asie du Sud-Est,entre le tropique du Cancer et l’équateur,ce qui lui donne,en général, un climat humide mais qui varie selon les régions.

Le Nord connait un climat semblable à celui de la Chine du Sud. On y distingue généralement 2 saisons: De Novembre à Avril,le climat y est relativement froid et humide. Les vents froids qui souffrent de Sibérie peuvent faire chuter les températures jusqu’à 6-8 o C , tandis que de Février à Avril, les vents venus de l’océan apportent des crachins sur cette région. La saison estivale qui va de Mai à Octobre,se caractérise  par des températures plus élevées,de fortes chutes de pluie et aussi des typhons.

En général, dans le Nord et le Centre Vietnam, juin,juillet et aout sont les mois les plus chauds.

Au Centre Vietnam,au changement de mousson,de violents typhons venus de la Mer orientale( Mer de Chine ) viennent ravager le littoral central. Les hauts plateaux connaissent un climat plus frais que celui de la zone cotière, avec des températures nocturnes plus basses toute l’année.

Le climat du Sud Vietnam est caracrérisé par des températures relativements constantes, seulement altérées par l’arrivée de la mousson en Mai. On y distingue deux saisons: La saison des pluies de Mai à Novembre et la saison sèche de Décembre à Avril . Les mois les plus chauds sont Mars, Avril et Mai où la température atteint 35oC . 

 La langue vietnamienne:

La langue vietnamienne se rattache à la famille austro-asiatique. Au cours de son histoire, cette langue a connu de nombreux apports. Ainsi,durant plus de mille ans de domination chinoise, le vietnamien a adopté des milliers de mots chinois. Il a aussi emprunté des termes aux différents dialectes des minorités ethniques.

 Le vietnamien est une langue monosyllabique tonale. Une syllabe peut se prononcer sur six tons distincts et chacun ayant differents sens, ce qui constitue la difficulté majeure pour tous ceux qui souhaitent apprendre le vietnamien.

 Langue écrite :  Sous la domination chinoise ( han ), les vietnamiens utilisaient des caractères chinois, appellés Chu nho . Mais vers le 11è-12è siècle,les lettrés vietnamiens cherchaient à se libérer des influances chinoises . Ils ont fini par créé vers le 13è siècle, une écriture mi-idéographique,mi-phonétique , connue sous le nom de Chu nom . Pourtant,beaucoup d’auteurs vietnamiens continuèrent à utiliser les caracrères chinois .

 Au 17è siècle, le jésuite francais d’origine espagnol Alexandre de Rhodes a réussi à romaniser phonétiquement le vietnamien . Cette transcription alphabétique du vietnamien fut d’abord utilisé par l’Eglise catholique et l’Administration coloniale et elle ne se répendit réellement vers la fin du 19è siècle. L’étude du Quoc ngu ( langue nationale ) devint alors obligatoire dans l’enseignement secondaire. Après l’abolition des concours littéraires mandarinaux en 1919, la transcription romanisée devint l’écriture nationale.

Les populations du Vietnam.

 Après l’Indonésie, le Vietnam est le 2è pays le plus peuplé d’Asie du Sud-Est ( 90 millions d’habitants ) . La densité moyenne est de 190 habitants/km2 et les 2 foyers principaux de peuplement sont le delta du Fleuve rouge au Nord et le delta du Mékong au Sud .

 Le Vietnam est un pays polyethnique : les 54 ethnies différentes y cohabitent pacifiquement . Les Kinh-ou vietnamiens proprement dits, représentent 90% de la population tandis que les minorités sont réparties dans les régions montagneuses du Nord , du Nord-Est et du Centre et où la densité démographique est assez basse ( 30 – 40 habitants/km2 ) .

 C’est au Vietnam que vous découvrirez la plus grande richesse et la plus grande complexité tant du point de vue ethnique que linguistique,puisque cinq races ( Mélanésien, Indonésiens , Négritos , Australoïde et Mongoloïde ) parlant cinq langues différentes , y coexistent . Par exemple : vers la haute région du Nord Vietnam, vous rencontrerez , au bord de la rivière , des Tay ( famille Kadaï ) , sur les pentes des Khmou ( famille austro-asiatique ) , encore plus haut , des Lolo ( famille sino-tibétaine ) et au sommets , des Hmong ( famille miao-yao ) .

 Les vietnamiens d’aujourd’hui sont le résultat d’un long métissage,à partir du 2è millénaire avant notre ère ,  entre les tribus locales du centre du Nord Vietnam et les migrants chinois. A cette époque, ils faisaient partie d’une communauté de culture caractérisée par l’outillage, le vocabulaire et certains rites comme le noircissement des dents, la fête des eaux , les tambours de bronze , le tatouage, le bétel , la maison sur pilotis , les combats de coqs et la culture du mûrier .

Ces ethnies occupèrent tous les bassins du Nord Vietnam et les zones côtières du Centre puis cette communauté se déplaça progressivement vers le Sud de la péninsule indochinoise. Cette grande marche devait s’achever au début du 18è siècle lorsque les Viet colonisèrent Ha Tien étendant ainsi leur empire de la frontière chinoise au golfe de Thailande 

Les différentes religions au Vietnam.

Les vietnamiens vivent depuis des siècles dans un univers moral et religieux façconné par des croyances et valeurs issues du culte des ancêtres, du bouddhisme , du confucianisme , du taoïsme et plus tard du christianisme ( catholicisme et protestantisme ) et de l’Islam ( très minoritaire ).

Le culte des encêtres permet aux vietnamiens de bien se comporter et de rester fidèles aux valeurs transmises par les ascendants.

Le bouddhisme leur a donné les vertus essentielles : patience , détachement , tolérance, non-violence, concentration, jugement et pensée juste, compassion.

Le confucianisme leur a donné l’idéal de l’homme bon qui se perfectionne constamment et cela dans le respect de l’ordre social dans lequel il vit.

Le taoïsme avec sa doctrine du Yin et du Yang leur a donné la vision de l’univers,du bien et du mal.

1- Le culte des encêtres : 

Il s’agit de la plus vieille pratique religieuse du Vietnam, antérieure au bouddhisme,au taoïsme et au confucianisme.Pour les vietnamiens,il suffit de rester à la maison et de prier ses ancêtres devant un autel qui leur est destiné . Tous les vietnamiens pratiquent ce culte car ils considèrent que les âmes de leurs parents survivent après leur mort et qu’elles protègent leurs descendants. Ils s’adressent aux ancêtres pour demander la guérisson d’une personne malade, le succès dans les affaires, la réussite aux examens, la richesse, la longévité…..Ils se prosternent devant un meuble sur lequel ont été disposé des photos, des tablettes, des fruits, des fleurs, de la nourriture, de l’argent en papier …..et des batonnets d’encens , à l’occasion de l’anniversaire de leur mort.

 Selon la tradition,les garçcons  sont chargés de perpétuer le culte mais en cas de descendance uniquement féminine,les filles sont aussi autorisées à continuer la coutume.

 Dans chaque maison vietnamienne,l’autel occupe la place la plus importante. Il s’agit du symbole de la solidarité des générations. C’est devant l’autel des ancêtres que les grandes décisions se prennent et que les enfants se marient.

2-Le bouddhisme:  

 +Histoire et philosophie:

Histoire du bouddhisme s’étend sur plus de 2.500 ans,depuis son origine en Inde avec Siddhattha Gotama suivie de son expansion dans la plupart des pays asiatiques et au 20è siècle en Occident.Malgré les fluctuations de ses essors et déclins à travers des siècles,aujourd’hui plus de la moitié de la population mondiale vit dans des régions où le bouddhisme est,ou fut, une force prédominante.

 Au cours de la longue histoire,le bouddhisme a utilisé divers moyens et enseignements pour aider chacun à développer tout d’abord une personnalité plus sereine, plus compatissante, plus harmonieuse , puis à s’éveiller des illusion restrictives : illusions qui entrainent l’attachement et ainsi la souffrance pour une personne ou son entourage.

 Dans ce processus de transformation,le guide a été le “ Dhamma ou Dharma “ c’est-à-dire les vérités éternelles, la loi d’ordre cosmique découverte par le Bouddha, les enseignements bouddhiques, le chemin de pratique bouddhique, et le but du bouddhisme : Le Nirvana. Le bouddhisme consiste essentiellement en la compréhension, la pratique et la réalisation du Dharma .

 Les principaux porteurs de cette tradition ont été les moines et nonnes qui forment le Shangha-la Communauté bouddhique.

 +Les 3 écoles bouddhiques principales :

 -Le Bouddhisme théravada( ou petit-véhicule ) : est la forme de bouddhisme dominante en Asie du Sud et du Sud-Est ( Myanmar,Thailande,Cambodge,Laos et Vietnam du Sud). Comme son nom indique( theravada-doctrines des Anciens) il se veut l’héritier de la doctrine originelle du Bouddha. Il s’appuie sur un canon rédigé en pali,comprenant de nombreux textes basés sur des paroles du Bouddha, recueillies par ses contemporains mais retranscrites bien plus tard.

 -Le Bouddhisme mahayana ( ou grand-véhicule: vehicule étant une voie pour obtenir le Salut ) : apparaït vers le début de notre ère dans le nord de l’Inde d’où il se répend rapidement en Chine avant de se diffuser dans le reste de l’Extrême-Orient-La Mongolie extérieure,la Corée,le Japon ( le Zen est une école dérivée du mahayana ). Le bouddhisme mahayana introduit l’existance de bodhisattvas,êtres de compassion qui ont renoncé à l’extinction totale et ont choisi de se réincarner pour demeurer parmi les êtres humains et pour leur montrer la voie au Nirvana.

 - Le Bouddhisme tantrique (ou Vajrayana) est basé, dans une certaine mesure, sur les Tantras qui sont des techniques parues dans les écritures indiennes. Cette mouvance du bouddhisme prescrit la technique d'employer « le résultat comme la voie ». Cela signifie que la personne doit essayer de penser et d’agir avec le corps éclairé, la parole et l'esprit d'un bouddha  qui veut dire plus simplement que l’individu doit s’identifier au Bouddha dans sa vie quotidienne.

 Cette approche est plus connue sous le nom de yidam (en tibétain) ou ishtadevata (en sanskrit).

 Afin de s'auto-identifier dans le personnage du bouddha, des techniques tantriques bouddhistes utilisent les symboles et la visualisation.

 Les symboles utilisés dans le bouddhisme tantrique peuvent mettre les personnes qui s’y intéressent pour la première fois dans une confusion . La plupart de ces symboles auraient été prises du bouddhisme tibétain.

                          Les principaux symboles bouddhistes tantriques

 Les deux principaux symboles qui vous aideront dans le processus d’auto-identification sont:

 - Le Vajra: C'est l’un des principaux symboles du bouddhisme tantrique, Vajra est une combinaison d'une arme et un bâton de commandement. Il symbolise l'indestructibilité. Au moment de rituels tantriques, Vajra doit être tenue dans la main droite.

 - Le Bell (ou la cloche): Le Bell est synonyme de perspicacité, de vide, de fémininité. Il symbolise le son du Dharma et est utilisé dans les rituels pour avoir la sensation d’etre à coté du Dharma. Au moment des rituels, il est généralement tenu dans la main gauche.

 Ces deux symboles peuvent sembler bizarres et inefficaces pour le commun des mortels, mais sont utilisés par les bouddhistes tantriques et sont fondamentaux dans le processus d’auto-identification.

 + Le bouddhisme au Vietnam:  Le bouddhisme est considéré comme la première religion du pays. Il fut introduit au Vietnam au 2è siècle par un bonze chinois nommé  Meou-Po . Il atteint son apogée au 11è siècle ,sous le règne du roi Ly Thai Tong.

 Au début du 15è siècle, l’invasion chinoise ( les Ming ) aboutit à la prédominance du bouddhisme mahayana fondé sur le bouddhisme chinois dans tout le Vietnam. Pourtant, le Theravada subsista au Sud ,près du Cambodge. Mais un renouveau du Confucianisme comme idéologie nationale entraïna progressivement le déclin du bouddhisme au Vietnam.

 La renaissance du bouddhisme commence dans les année 20, à l’époque coloniale. Le gouvernement du fervent catholique Ngo Dinh Diem cherchait en vain à supprimer le bouddhisme au Sud Vietnam. Les bouddhistes du sud du Vietnam,persécutés,pourchassés et menacés, ont joué un rôle très important dans la contestation de la guerre américaine. On peut citer le bonze Thich Quang Duc qui,en 1963, s’immola par le feu en plein Saigon pour protester contre le régime dictatorial du président Diem.

À l’heure actuelle, religieux et laïcs sont regroupés au sein de l’Eglise bouddhique du Vietnam dont les différentes instances organisent la propagation de la foi, le recrutement des bonzes et l’enseignement des textes sacrés. La plupart des pagodes sont entretenues par les fidèles et les moines qui cultivent des lopins de terre alloués par l’Etat. Cette politique d’autogestion tend à rendre les communautés monastiques indépendantes.

3-Le Confucianisme:

 Philosophie religieuse plutôt que religion organisée, le confucianisme (Nho giao ou Khong Gia) a forgé le système social du Vietnam et grandement influencé la vie quotidienne, tout comme les croyances de sa population.

 Confucius (Khong Tu) est né en Chine en 551 av. J-C. Il voyait en l’homme un être formé par la société mais capable de la modifier. Il a donc élaboré un code moral basé sur 5 vertus : l’humanisme-l’équité-l’urbanité-l’intelligence-l’honnêteté pour guider celui-ci dans ses relations sociales. Ce code spécifie les obligations de chacun envers sa famille, la société et l’Etat. L’essence du confucianisme repose sur le devoir et la hiérarchie.

Selon la philosophie confucéenne, introduite au Vietnam par les chinois lorsqu’ils régnaient sur le pays ( de 11 av. J-C. à 938), l’homme naît bon,sa nature le porte à faire le bien.Mais pourquoi la plupart des hommes se révèlent mauvais par la suite ? À quoi tient cette dépravation ?  À  la négligence de leurs facultés intellectuelles qui subissent l’influence du milieu extérieur et se dégradent par la suite. On peut s’en sortir en se perfectionnant soi-même. Pour celà,il y a donc 4 presciptions à suivre :

            -s’intéresser à toute chose qui existe.

          -pénétrer le secret des choses.

          -avoir des idées nettes.

          -maintenir la pureté du coeur.

Et dans la vie quotidienne: Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse à vous-même.

C’est dans le domaine social que le confucianisme a laissé son empreinte la plus forte dans l’histoire du Vietnam en instaurant un système de règles efficaces mais rigides entre père et fils,mari et femme,sujet et souverain. De ce côté-là,le confucianisme est très conservateur : Pour que l’ordre règne dans le monde,il faut d’abord que les familles soient ordonnées,puis les Etats.

Par contre, la philosophie confucéenne était assez démocratique, la vertu ne pouvant s’acquérir que par les études. L’éducation prenait donc le pas sur la naissance, d’où la nécessité d’étendre le système éducatif à une population plus large. Jusqu’au début de ce siècle, la philosophie et les textes confucéens formaient les bases du système d’éducation vietnamien. C’est pourquoi on a enseigné à d’innombrables générations de jeunes gens des villages et des villes leurs devoirs envers la famille (notamment le culte des ancêtres) et la communauté. Il était essentiel de bien connaître sa place dans la hiérarchie sociale et de se comporter en conséquence.

Par un système de concours d’admission, l’État sélectionnait les meilleurs étudiants du pays et les invitait à rejoindre la classe des mandarins, dont le pouvoir n’avait rien d’héréditaire. L’éducation donnait alors non seulement accès à la vertu, mais permettait également d’obtenir un avancement social et politique. Ce système éducatif explique le grand respect des Vietnamiens pour le talent intellectuel et littéraire, d’où sa réputation aujourd’hui encore.

Dans le domaine politique,le confucianisme a laissé des traces profondes.Pour Confuciuns,le peuple pris dans son ensemble incarne le Ciel,donc ce que le peuple veut,le Ciel le veut. Les dirigeants ont pour devoir d’aimer ce que le peuple aime et de haïr ce qu’il haït. On peut citer ici Mencius-disciple de Confucius-qui a bien résumé :

              “Le peuple d’abord , l’Etat vient après , le roi est négligeable . “

4-Le Taoïsme :

Le taoïsme fut introduit au Vietnam au début de notre ère par les envahisseurs Han.

Avant d’être une religion,le taoïsme est tout d’abord une belle leçon de sagesse orientale et une philosophie élaborée par un chinois nommé Lao Tseu qui vécut au 6è siècle avant l’ère chrétienne et qui aurait été archiviste à la cours des Zhou. Dégoûté par la décadence des moeurs politiques et sociales de son pays, il l’a quittée pour ensuite dicter au gardien d’une forteresse le Tao Te King ( Livre de la Voie et de la Vertu ) . L’idée centrale de ce manuel de conduite personnnelle et politique traite de la relativité de toute expérience, prône la simplicité et la non-intervention des hommes et de l’Etat dans le cours de la nature et de la société, le but ultime étant la fusion de l’individu avec le Dao, entité primordiale et éternelle , par le biais de la méditation.

Le Dao est composé de deux principes complémentaires, présents en toute chose : Le YANG , principe mâle, lumineux, actif, chaud, céleste et Le YIN , principe féminin, obscur, passif, froid, terrestre . De leur opposition naît l’espace, de leur alternance le temps.

En Chine comme au Vietnam, il existe deux niveaux de compréhension et de pratique du Taoïsme. L’un, réservé aux lettrés, consiste en une recherche contemplative des forces en présence dans l’univers, de l’interaction du macrocosme et du microcosme par le jeu subtil du Yin et du Yang et de leurs multiples correspondances.

Au niveau populaire, le taoïsme est une religion au panthéon foisonnant, peuplé de multiples divinités, génies et esprits sur lesquels règne Ngoc Hoang-Empeureur de Jade-entouré d’une cour d’Immortels. A sa gauche se tient le ministre Nam Tao ( Etoile du Sud ), qui enregistre les naissances et à droite, le minitre Bac Dau ( Etoile du Nord ) qui enregistre les décès . A la fin de l’année, Tao Quan, le génie du Foyer , leur soumet un rapport sur les actes de chaque famille.

Viennent ensuite les esprits des Trois Mondes ou Chu vi : Lieu Hanh, qui règne sur le monde céleste, Thuong Ngan, sur le monde terrestre et Mau Thoai, sur le monde aquatique. A côté coexistent des divinités féminines appellées Than Mau ( Sainte Mère ) et masculines , ou Duc Ong ( Monseigneur ).Cet aspect du taoïsme fait partie de la vie quotidienne des Vietnamiens sous la forme de superstitions et de croyances mystiques et animistes. Nombre des pratiques de sorcellerie et de maigie, dont se nourrit aujourd’hui la religion populaire, tirent leur origine du taoïsme. 

5-Le christianisme et le protestantisme:

 Bien que des missionnaires occidentaux se soient rendus brièrement au Tonkin en 1533 et en Annam en 1596, ce ne fut qu’en 1615 que les dominicains portugais fondèrement au Tonkin en 1533 et en Annam en 1596, ce ne fut qu’en 1615 que les dominicains portugais fondèrent les premières missions catholiques à Hoi An , Da Nang et Ha Noi. Les premiers prêtres vietnamiens devaient être ordonnés en 1668.

Mais cette religion étrangère, qui menaçait les fondements même de la société vietnamienne en considérant le culte du Ciel et celui des Ancêtres comme des pratiques superstitieuses , ne pouvait qu’inquiéter l’élite mandarinale vietnamienne. Dès 1630, la dynastie des Trinh publia une série d’édits interdisant le christianisme. Durant le 18è siècle, les Trinh et les Nguyen menèrent une politique fluctuante, alternant persécutions et tolérance religieuse.

Monseigneur Pingeau de Behaine, évêque d’Adran, joua une rôle déterminant dans l’histoire, tant regilieux que politique, du Vietnam. Il aida Nguyen Anh dans sa reconquête du pays et sous le règne du fondateur de la dynastie des Nguyen ( 1802-1820 ) , les chrétiens jouirent d’une totale liberté religieuse.

Il n’en alla pas de même pour ses successeurs, très attachés à l’idéologie confucéenne. Minh Mang interdit l’entrée de missionnaires chrétiens sur le territoire vietnamien. Tu Duc fit persécuter les chrétiens.  Ces prises de positions intransigeantes fournirent un prétexte aux français pour leur intervention au Vietnam. Après la conquête par la France du pays en 1885, les chrétiens purent pratiquer leur religion sans être inquiétés.

Depuis 1975,la liberté de culte est théoriquement garantie et le pays a déjà établi des relations diplomatiques avec le Vatican.

Aujourd’hui, le Vietnam est le second pays catholique d’Asie, après les Philippines. Les catholiques représentent près de 10% de la population.

Le protestantisme fit son entrée au Vietnam en 1911 . Cette communauté recrute la plupart de ses fidèles ( environ deux cent mille ) parmi les êthnies minoritaires vivant sur les hauts plateaux du Centre Vietnam.

Au Vietnam,cette religion est connue sous le nom de l’Eglise de la Bonne nouvelle .

6-L’hindouisme : 

Le royaume du Champa a été profondément influencé par l’hindouisme. Les divinités hindoues apparurent dans les sanctuaires chams de My Son, au 4è siècle . Actuellement, les Chams de la région de Phan Rang, Phan Ri et dans le delta du Mékong, pratiquent une forme d’hindouisme hybride. Ils observent certains rituels en l’honneur des trois divinités qui, selon la forme populaire du brahmanisme, sont identifiées à l’absolu cosmique : Brahma (dieu créateur de l’univers ) Vishnou ( dieu conservateur ) et Shiva ( dieu destructeur ) . Le dernier est vénéré sous la forme phallique  du linga.

Après la chute du Champa au 15è siècle, la plupart des chams restés au Vietnam se sont convertis à l’Islam tout en continuant de pratiquer différents rites et coutumes brahmaniques ( de la caste supérieure hindoue ).

 7-L’Islam :

La communauté musulmane du Vietnam ne compte plus que quelques millers de fidèles : Khmers et chams pour la plupart, soit environ 0,5 % de la population. Une stèle datant du 10è siècle et portant des inscriptions en langue arabe, est le plus ancien témoignage de la présence musulmane sur le sol vietnamien. Ce pilier fut trouvé près de la ville de Phan Rang ( au Sud du Centre Vietnam ).

Les Chams musulmans sont pour la plupart établis autour de Chau Doc,dans le delta du Mékong et vers la frontière avec le Cambodge. Ils pratiquent l’Islam dans une version qui leur est propre : Ainsi, ils ne prient qu’une fois par semaine, le vendredi , au lieu d’accomplir les cinq prières quotidiennes requises , ne mangent pas de porc mais boivent de l’alcool , n’effectuent pas le pèlerinage à la Mecque et n’observent le Ramadan que trois jours durant . De plus, ils ne possèdent que de rares exemplaires du Coran et même leurs chefs religieux lisent l’arabe avec difficulté.

Bref,l’Islam ne s’est jamais développé au Vietnam . 

Le Caodaïsme et la secte Hoa Hao:

Dans la première moitié de ce siècle naquirent au Vietnam le caodaïsme et la secte Hoa Hao, deux mouvement d’inspiration bouddhique mais à caractère syncrétique, qui allaient rapidement passer de l’évangélisation au combat nationaliste. Si ces deux sectes ont été depuis éliminées de la scène politique, elles comptent encore de nombreux adeptes dans le Sud du Vietnam.

Le caodaïsme:

La secte fut fondée en 1921 par Ngo Van Chieu, petit fonctionnaire de l’adminstration coloniale né en 1878 à Cho Lon. En 1919, lors d’une séance de spiritisme, le Seigneur tout-puissant aurait révélé à ce dernier s vocation religieuse et lui aurait enjoint de rechercher assidûment le Dao,ou la Voie.

L’intéret qu’éprouvait Ngo Van Chieu pour l’occultisme l’amena à consacrer une grande partie de son temps à la méditation et à participer à de nombreuses séances de spiritisme. C’est au cours de l’une de ces séance,en 1921, qu’un “ Esprit supérieur ” se manifesta et lui révéla être Cao Dai, le Palais ou l’Être suprême. Ngo Van Chieu commença son oeuvre d’évangélisation à Saigon en 1925. Dans la nuit de Noël 1925, des fonctionnaires vietnamiens se réunirent pour invoquer les esprits. Cao Dai leur apparut et leur annonça l’avènement d’une nouvelle religion, don’t Ngo Van Chieu devait être le chef suprême. Mais ce dernier refusa de diriger la secte et Le Van Trung, membre du Conseil colonial de Cochinchine, fut désigné comme “pape” du Caodaïsme.

Le 7 Octobre 1926, reconnu par les autorités coloniales, le caidaïsme acquit le statut de religion officielle.

Principes et rites caodaïstes:

Cette doctrine de salut place toutes les religions représentées au Vietnam ( confucianisme, taoïsme, bouddhisme, christianisme, islam, culte du Ciel et des Ancêtres ) sous la tutelle de Cao Dai, créateur de l’univers. Confucius, Bouddha, Jéjus, Mahomet ne seraient que des prophètes don’t le message aurait été perverti.

Le panthéon caodaïste intègre également des “saints” illustres-dont le choix n’est dicté par aucun critère de race,de sexe ou de religion- tels que Victor Hugo, Sun Yat-sen, Jeanne d’Arc, Louis Pasteur, Lénine et Winston Churchill.

D’inspiration bouddhiste, le caidaïsme entend soustraire l’homme au cycle des réincarnations par l’observance de certaines règles éthiques ( ne pas tuer, voler, mentir, ne pas s’adonner à la luxure ), prône la pratique du végétarisme, de la méditation, le culte des ancêtres et des morts.

La secte est placé sous l’autorié d’une souverain pontife. Les prêtres, hommes et femmes, observent les voeux de chasteté, de pauvreté et de végétarisme ; le clergé comprend également douze médiums qui communiquent avec les esprits,

intercesseurs entre les hommes et la divinité.

Le rituel se caractérise par quatre cérémonies quotidiennes célébrées devant un autel de l’Être suprême qui peut être une simple table placée au fond de la pièce principale d’une maison. Dans les temples et les oratoires, une sphère en papier, ornée d’un oeil entouré de rayons solaires, symbole de Cao Dai, surplombe l’autel.

Des statues du Bouddha, de Laozi, de Confucius, de saints et de génies sont disposées sur l’autel autour d’un globe en verre ( représentant le principe primordial ) allumé de jour comme de nuit. Lors des cérémonies, les membres du clergés occupent l’allée centrale du temple. On distingue les différentes “voies” suivies par ces prêtres à la couleur de leur robe: Jaune pour le Bouddhisme-Pourpre pour le Confucianisme-Bleu azur pour le Taoïsme.

Les fidèles, eux, sont vêtus de blanc et font à la divinité des offrandes de fleurs, de fruits, de thé, d’alcool, d’eau et d’encens.

Le Saint-Siège de la secte se trouve dans le village de Long Than,près de Tay Ninh, à une centaine de km au Nord-Ouest de Saigon. Sa cathédrale, décrite par Graham Greene comme “ une fantaisie orientale à la Walt Disney”, fut construite en 1927. Des statues de Jéjus, de Confucius, du Bouddha, de Brahma, de Shiva et de Vishnou, ainsi que divers symboles représentant la clairvoyance et la fraternité, en dominent la nef .

Le caodaïsme remporte un vif succès dans les campagnes et dans les années 1930, la secte comptait déjà près de 1,5 millions d’adeptes. A partir de 1937, Pham Cong Tac, un successeur de Le Van Trung, politisa le mouvement et nombres de ses adeptes, accusés d’activisme nationaliste, furent traqués par la police française. Les autorités coloniales reprochaient aux dirigeants de cette secte de maintenir des contacts avec le prince Cuong De,membre de la famille impériale exilé au Japon. Pham Cong Tac et six de ses assistants furent arrêtés et déporté aux Comores. Pham Cong Tac fut autorisé à revenir au Vietnam en 1964 où il retrouva son statut de papa du caodaïsme.

Lors de la guerre d’Indochine, les français armèrent les caodaïstes, espérant les utiliser dans leur lutte contre le Vietminh. En 1954, lorsque Ngo Dinh Diem arriva au pouvoir, l’armée caodaïste, forte de 25.000 hommes,contrôlait de vaste région du delta du Mékong. Jugeant Ngo Dinh Diem trop pro-américain, les caodaistes et la secte Hoa Hao formèrent en 1955 un “ Front unifié des forces nationalistes ” et engagèrent une épreuve de force avec le gouvernement.

Les américains parvinrent toutefois à convaincre le général Trinh Minh The, chef d’Etat-major de l’armée caodaïste, de soutenir Ngo Dinh Diem dans sa lutte anti-communiste. Mais Trinh Minh The périt au cours d’un engagement. Certains pensent qu’il fut liquidé sur les ordres de Ngo Dinh Nhu, frère et conseiller politique du président Diem. On ne saura jamais la vérité car Diem et son frère Nhu furent assassinés en Novembre 1963, lors d’un coup d’Etat fomenté par la CIA.

Une fois ses troupes écrasées, Pham Cong Tac,le pape du Caodaïsme, s’exila au Cambodge où il mourut en 1958.

La secte qui vit ses terres confisquées et ses dirigeantss persécutés au lendemain de la réunification, a bénéficié depuis de la politique d’ouverture du Vietnam. De nombreux temples ont pu rouvrir leurs portes et le mouvement compterait aujourd’hui 2 millions de fidèles.

Hoa Hao, le “retour à la pureté” :

Comme le caodaïsme, la secte Hoa Hao est originaire du Sud Vietnam. Huynh Phu So, son fondateur, naquit en 1919, dans la province de Chau Doc. Alors qu’il était encore adolescent, il souffrit d’une longue et mystérieuse maladie, apparamment incurable. Son père, persuadé qu’il était possédé par un démon, l’envoya à la pagode de Tra Son, près du mont That Son,où il recouvra miraculeusement la santé et suivit les enseignements du maitre Xom.

A la mort du maitre,Huynh Phu So rentra dans son village natal. Une nuit d’orage, il entra en transe et,lorsqu’il reprit conscience, décida de réformer le bouddhisme. Il fonda une secte baptisée Phat Giao Hoa Hao(Hoa Hao signifiant : paix et bonté).

A l’encontre du caodaisme, le mouvement Hoa Hao dédaignait les cérémonies solennelles et les dons d’offrances, et prêchait le retour à la pureté originelle du bouddhisme par la simple pratique de la prière, de la méditation et du jeûne. Partant du principe que la foi de chacun comptait plus que l’observance d’un rituel, il décida de suprimer les temples et le clergé, afin de simplifier les rapports entre les fidèles et la divinité. Cette secte qui prônait la piété filiale, la recherche de la vertu, des valeurs fraternelles et nationalistes fit en quelques années plus d’un million d’adeptes, et Huynh Phu So fut bientôt surnommé Phat Song, le “ Bouddha vivant ” .

+Grandeur et décadence du Phat Giao Hoa Hao:

Phat Song rejoignit bientôt le mouvement nationaliste. En 1940, les autorités coloniales le plaça en résidence surveillée. En fait, ces persécutions ne firent qu’accroitre la popularité du “Bonze fou”. Alors qu’il était sur le point d’être exilé au Laos par les autorités coloniales, ses adeptes parvienrent à le faire évader avec l’aide de la police secrète japonaise, et Huynh Phu So trouva refuge à Saigon.

Durant la 2è guerre mondiale, la secte fit de nouveaux adeptes et constitua une milice armée par les japonais. En 1946, Huynh Phu So créa le Parti social démocrate,anticolonialiste et anticommuniste. Les affrontements entre les Hoa Hao et le Vietminh s’amplifièrent et en Avril 1947, Huynh Phu So fut capturé et exécuté.

Toutefois, le Phat Giao Hoa Hao conserva une large assise dans le delta du Mékong. En 1956, Ngo Dinh Diem fit exécuter l’un des chef du mouvement et certains Hoa Hao rejoignirent alors les rangs du Vietcong. La secte survécut néanoins à ces retournements et, à la fin des annees 1960, de nombreux intellectuels nationalistes, issus des milieux urbains, rejoignirent ce mouvement rural. Il compterait actuellement 1,5 millions d’adeptes dans le Sud du Vietnam.

 



Assistance en ligne
Liens